Ces propos recueillis auprès de Ludovic Simon dans les bureaux du cabinet Esselton Consulting valaient bien un article me suis-je dis…

Signé Sophie de Villemorin.

Il suffit de se rendre sur les sites Internet pour constater que certaines sociétés de sécurités privées offrent un large choix de prestations : Intervention sur alarme, gardiennage, arrière-caisse, ronde de sécurité, agents cynophiles, conducteurs de sécurité, protection rapprochée…

La multiplication des offres, il s’agit là d’une règle de marketing, se cannibalisent. Premier point notable.

Mais il est un point sur lequel nous allons porter notre attention : L’offre “protection rapprochée” (1).

En effet, c’est très accrocheur, pour autant est-ce bien raisonnable ?

Il faut savoir que ce secteur spécifique d’activité est fort peu réglementé, seulement par le Décret n°2006-1120 du 7 septembre 2006. Si peu précis que tout le monde peut se dire garde du corps et se voir confier une mission.

Donc des sociétés de sécurité privées mettent en avant leur capacité à fournir la très clinquante offre “protection rapprochée”. Et ce, en toute illégalité.

En effet, une équipe de protection rapprochée ne peut pas être fourni par une société de sécurité privée (Gardiennage) ou par des tiers. Le cumul du gardiennage traditionnel et de la protection rapprochée est interdit (Art. 1 à 3 de la loi 83-629).

De plus, ces sociétés savent-elles réellement de quoi elles parlent ?

Nous avons réalisé une étude en ce sens. Le but était de définir le niveau de professionnalisme et de connaissances des sociétés proposant “de la protection rapprochée”. La question que nous leur avons adressée était simple :

Proposez-vous de la protection rapprochée ou de l’escorte de sécurité ?

Aucune des sociétés de sécurité privée qui vendent ce service en même temps que du gardiennage n’a été capable de nous répondre précisément, car aucune n’est capable de faire la différence entre ces deux notions.

De fait, pour une prestation de protection rapprochée faites appel à des sociétés spécialisées dont c’est le coeur de métier.

Comment en arrive t-on à un tel laissé aller ?

Il faut savoir que la France se place parmi les états d’Europe où la législation sur l’activité de sécurité privée est la plus souple. Il est à déplorer des conséquences consubtentielles à cet état de fait. Qui dit législation souple dit contrôles encore plus souples, voire quasi-inexistants.

Les dérives de ce secteur d’activité très concurrentiel sont légions.

Il faut savoir qu’en France, la loi relative à la prévention de la sécurité votée en 2007 exige une obligation de formation de 70h, ce qui est très rarement le cas en raison essentiellement du turn-over mis en place par les sociétés de sécurité privée. ( Emploie d’agents de manière ponctuelle, ou résiliation de la période d’essai abusive…) Beaucoup d’agents sont employés à la “va vite”, avant même que l’autorisation préfectorale soit délivrée. Et encore une fois, il n’existe pas de contrôle.

Ce laxisme de l’Etat exaspère plus d’une sérieuse société de sécurité qui voudrait voir disparaître de la surface du champs les mauvais élèves, à savoir les sociétés qui ont recours à la sous-traitance, à la sous-traitance de la sous-traitance, le travail au noir, le non respect des conventions collectives ou du droit du travail…

Mais comment est-ce que ça pourrait changer puisque l’Etat participe à faire vivre les sociétés les moins scrupuleuses, notamment en choisissant lors d’appel d’offres les sociétés les moins chères et non celles dont le niveau de qualité des prestations est suffisant. Et celles qui sont les moins chères sont celles qui sous-traitent. Le serpent se mord la queue et pendant ce temps les sociétés sérieuses se tirent une balle dans le pieds car elles ne peuvent s’aligner sur des prix que l’Etat lui-même fait dégringoler en même temps que le niveau des prestations.

(1) : Ludovic Simon est un ancien officier de sécurité - Gendarmerie Nationale

Le cabinet de conseil Esselton Consulting vient de terminer une mission.

La demande client était la suivante : Se positionner sur la sécurité des personnes ( cela suite à une opportunité ; Le directeur de l’hôtel haut de gamme voisin a sollicité la société de sécurité afin d’assurer le transport et la sécurité d’une personnalité )

Le cabinet Esselton a mis en place une équipe de trois consultants afin de : Réaliser une veille concurrentielle, une analyse des opportunités, un ciblage de l’offre par rapport aux contextes géographiques et économiques.

Après cette phase le cabinet a réalisé un dossier d’objectif complet faisant apparaître chacun des maillons structurels pouvant positionner correctement la société sur ce secteur d’activité.

- Formation des membres dirigeants et des commerciaux afin de les familiariser avec les termes, jargon, méthodes… du secteur d’activité visé.

- Réalisation d’une plaquette commerciale spécifique

- Recrutement et formation des agents - Généralités ( différence entre la protection rapprochée et l’accompagnement de sécurité ) ; Méthodologie de mission…

- Ciblage des clients potentiels et présentation à haute valeur ajoutée

De plus Esselton Consulting a conduit une étude spécifique afin de différencier l’offre et de démarquer la société face à la concurrence - Ainsi le client a pu offrir des services annexes très appréciés permettant de ne pas enfermer la société cliente dans un secteur copié et re-copié.

Les résultats sont les suivants :

Avant la fin prévue de la mission de conseil le client a signé des contrats d’exclusivité de une année chacun avec des grands hôtels de la région ciblée - Quatre contrats avec de grands groupes industriels dans le cadre de la mise à disposition de prestation d’accompagnement pour leurs invités étrangers.

C’est au domicile de Ludovic Simon que le rendez-vous est fixé, dans une petite ville située à quinze minutes de Lille.

Tout d’abord, pour avoir accepté que je gère un blog consacré à votre activité ?

Parce que vous m’avez dit que vos études vous invitaient à suivre une entreprise naissante, son activité, son évolution, je trouvais ça plutôt intéressant. Et surtout pour la transparence que cela suppose. Vous écrivez ce que vous voulez au regard de notre activité, c’est bien, pour vous, pour nous et surtout pour nos clients.

Pourquoi un cabinet de conseil à l’intention des sociétés de sécurité privée ?

Durant ma carrière au sein de la Gendarmerie j’ai eu à côtoyer nombre d’acteurs de la sécurité privée, et ensuite j’ai travaillé un temps pour une de ces sociétés, E2S en l’occurrence. Plusieurs choses m’ont frappé. Voilà.

Et qu’est-ce qui vous a frappé ?

Le manque d’humilité de la profession. Huit sociétés de sécurité sur dix sont dirigées par des gens qui n’ont aucune conscience sécuritaire, ils ont monté ça comme ils auraient monté une blanchisserie. Ils ont des lacunes incroyables mais pensent être des Dieux de la sécurité et n’avoir besoin d’aucun conseil. Les deux autres tentent de faire du bon boulot, ils veulent être meilleurs, surtout ils font preuve du recul nécessaire… c’est avec ces sociétés que nous travaillons.

Vous êtes très dur, n’avez-vous pas peur de tenir un discours anti-commercial ?

Je ne suis pas dur. Je suis réaliste et lucide, comme le sont tous les véritables professionnels de la sécurité qui partagent mon avis d’ailleurs. Quant au fait que ça pourrait être anti-commercial, le cabinet de conseil que je dirige n’envoie pas des gens frapper à toutes les portes de la rue pour vendre des tondeuses à des personnes qui n’ont pas de pelouse. Nous apportons nos conseils, nos préconisations à des sociétés qui veulent s’inscrire dans le paysage de la sécurité privée, qui veulent gagner des contrats et surtout bien les gagner, faire du bon et beau boulot. Nous ne travaillons qu’avec ceux qui ambitionnent d’être meilleurs, eux-mêmes nous rendent meilleurs.

Vous n’avez que trois semaines d’existence et déjà deux clients pour des missions de plusieurs mois, quel est le truc ?

Il n’y a pas de truc. Nous avons un discours clair et dépourvu d’ambiguïté, nous ne promettons pas ce que nous ne savons pas faire, et les clients y sont sensibles. De même qu’ils sont sensibles au niveau de parcours et de formation des consultants du cabinet, ils comprennent que nous savons de quoi nous parlons, ça les rassure et les motive. De plus je privilégie le facteur humain, c’est très important. Nous sommes à l’écoute de nos clients et de leurs préoccupations qui deviennent les nôtres, nous travaillons pour eux mais surtout, avec eux, dans un vrai partage et une vraie confiance.

Un client potentiel vous a reçu et vous a dit que “peut-être” il fera appel à vous, pourtant je crois savoir que vous commencez à travailler sur ce dossier, pourquoi ?

Parce que leur discours m’a interpellé. Cette société a de vrais projets et une véritable envie de monter en puissance. J’ai été séduit par ce qu’ils souhaitent mettre en place, tout comme j’espère qu’ils ont été séduits par nos propositions. Toujours est-il que je veux que le cabinet se tienne prêt à leur apporter la prestation la plus efficace et la meilleurs possible, c’est pourquoi j’ai demandé à mes collaborateurs d’y songer sérieusement. S’il font appel à nous, alors nous serons dans la dynamique.

Vous êtes donc un dirigeant heureux ?

Je suis heureux lorsque je vois le chiffre d’affaire de mes clients augmenter et qu’ils m’appellent pour aller prendre un café.

Vos projets pour le cabinet ?

L’ouverture d’un site, un changement probable de statut, un millier de choses car tout est toujours à faire. Rien n’est acquis. Nous mêmes devons sans cesse vouloir être meilleurs pour nos clients.

Affaire à suivre donc ?

je compte sur vous.